Honte à nous Honte à eux

Tu as raison Bribri de me faire part des derniers cris de colère de Thierry Lenain.

Je le fais donc partager à nos plouffeurs.

 

Mon fils, Wahid, a passé ses deux premières années de maternelle à l'école du Jardin de Ville de Grenoble, là où le 29 novembre dernier deux policiers en civil sont entrés, encadrant un père, pour embarquer ses enfants et les mettre dans un avion.

C'est quoi, ce pays où la police pénètre dans les écoles maternelles ?
C'est quoi, ce pays où des collégiennes et des collégiens sont fouillés au corps après qu'un chien ait été lâché dans leur salle de classe ?
C'est quoi, ce pays où un journaliste accusé de diffamation est mis deux fois à nu pour une inspection corporelle ?

C'est notre pays.
Honte à nous.

Un é_cri_vain écrit. Vainement. Ci-joint une scène extraite d'une pièce de théâtre que je suis en train d'écrire vainement. Pour dire la parole qu'un enfant m'a dite. Que je transmets vainement au nom des enfants embarqués à l'Ecole du Jardin de Ville de Grenoble.

Pendant que nous Montreuil.
Pendant que nous théâtre.
Pendant que nous Noël.
Nous France.

Honte à nous.

C'est dans la rue que nous devrions être.
Au moins au nom de nos enfants.

parcequejesuisnee-1.pdf

 

 

Commentaires (5)

1. sylvie 16/12/2008

http://chienlit.tumblr.com/
blog de thierry Lenain
Vous y trouverez de gros coups de gueule

2. brigitte (site web) 15/12/2008

Je vous propose le nouveau site de Thierry LENAIN auteur jeunesse qui ose encore dire tout haut ce que malheureusement beaucoup pensent tout bas, beaucoup trop bas!

3. anne-marie 10/12/2008

Nos enfants, nos journalistes, ce sont encore catégories sensibles à l’opinion.

Celle-ci s’émeut-elle ? Mollement. Elle somnole.

Mais les réfugiés de Sangatte, chassés comme bêtes, affamés dans les bois ; les miséreux du bois de Vincennes menacés de « ratissage », les gueux de nos trottoirs au vent d’hiver ? Les sans-papiers raflés, entassés dans des lieux de non-droit, décharges d’une société qui détourne le regard ignoble de son indifférence ? Et la masse des anonymes, traités mêmement comme rebut par une administration servile ? Au secours, Hugo !

Il y a de jeunes marginaux qualifiés par la ministre de l’Intérieur d’« ultra gauche » – spectre opportun des bonnes vieilles terreurs –, jusqu’ici, pure pétition communicationnelle… Sa police veille, arme à la hanche, elle arpente, virile, les couloirs du métro, des gares. Sommes-nous en Etat de siège ? A quand l’armée en ville ?

Il y a le malade mental incriminé à vie par anticipation ; l’étranger criminalisé de l’être ; le jeune de banlieue stigmatisé pour dissidence du salut au drapeau : danger public ; le prisonnier encagé dans des taudis surpeuplés – à 12 ans, bientôt ; le sans-travail accusé d’être un profiteur, le pauvre d’être pauvre et de coûter cher aux riches ; le militant associatif qui le défend condamné, lourdement, pour entrave à la voie publique. Il y a le fonctionnaire taxé de fainéantise (vieille antienne) ; l’élu réduit au godillot ; le juge sous menace de rétorsion ; le parlementariste assimilé au petit pois ; la télé publique bradée aux bons amis du Président, qui fixent le tarif ; son PDG berlusconisé et des pubs d’Etat pour nous informer – à quand un ministre de la Propagande ? On en a bien un de l’Identité nationale. Et le bon ami de Corse, l’escroc notoire, amuseurs sinistres, protégés par décret du prince…

Criminalisation systématique de qui s’insurge, dénis de justice, inhumanité érigés en principe de gouvernement. Presse paillasson, muselée par ses patrons, industriels des armes. Intimidations, contrôles au faciès, humiliations, brutalités, violences et leurs dérapages – quelques précipités du balcon, quelques morts de tabassage accidentel –, sitôt providentiellement dilués dans le brouhaha des crises bancaires, de l’affairisme et du sensationnel saignant, bienvenue au JT : touristes égarés, intempéries, embouteillages du soir… Carla et Tapie en vedettes.

Ces faits sont-ils vraiment divers, ou bien signent-ils un état de fait ? En réalité, un état de droite. Extrême. Dire que Le Pen nous faisait peur…

Cela rampe, s’insinue et s’impose, cela s’installe : ma foi, jour après jour, cela devient tout naturel. Normal : c’est, d’ores et déjà, le lot quotidien d’une France défigurée, demain matin effarée de sa nudité, livrée aux menées d’une dictature qui ne dit pas son nom. Ah ! le gros mot ! N’exagérons pas, s’offusquent les mal réveillés. Tout va bien : M. Hortefeux est, paraît-il, bon bougre dans sa vie privée.

“Tout est possible”, avait pourtant promis le candidat. Entendons-le bien. Entendons ce qu’il y a de totalitaire dans cette promesse cynique qui, d’avance, annonce le pire. Sous son agitation pathologique, un instant comique – au secours, Chaplin ! –, sous ses discours de tréteaux, ses déclarations à tous vents, contradictoires, paradoxales, sous son improvisation politique (oripeau du pragmatisme), sous sa face de tic et toc s’avance le mufle des suicideurs de république, des assassins de la morale publique. La tête grossit, elle fixe et sidère.

Continuerons-nous à dormir ? Ou à piquer la marionnette de banderilles de Noël ? »

4. sylvie 04/12/2008

Un troupeau de vaches ou de moutons.
je vous invite a aller voir la vidéo moutons blancs venez en aide aux banques(dans la rubrique les coups de gueule du mouton noir).
Dans le même style que la réflexion que tu apportes Bribri.

5. brigitte 03/12/2008

Voilà tout est résumé. Honte à nous. Bous avons tous des enfants et nous ne sommes pas capables de les protéger pour leur avenir. Pour aller voir un prof qui a un peu trop "crié" on est trop fort, par contre pour descendre dans la rue pour défendre nos libertés il n'y a plus personne, plus de combat. Pour l'isntant il y a encore la littérature qui semble garder son espace liberté mais pour combien de temps ? l'audiovisuel commence à être censuré, allons nous revenir à des émissions de propagande ? En fait j'ai la sale impression que nous sommes un troupeau de vaches qui regarde un train passer et quel train!!! pas vous?

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